CEDM : Visite et assistance aux détenues de la prison de Kalehe au Sud Kivu en date du samedi 24 juillet 2021


« Les détenus de la prison de Kalehe traversent des moments difficiles, ils sont abandonnés à leur triste sort. Actuellement, ils trouvent à manger uniquement lorsque les bienfaiteurs, comme vous de l’UEA, viennent les rendre visite »

C’est avec ces mots que le directeur de la Prison de Kalehe a accueilli une équipe multidisciplinaire de 5 assistants (agronome, économiste et travailleurs sociaux) de l’Université Evangélique en Afrique (UEA Bukavu) qui ont bravé les limites géographiques pour assister les détenus.

En effet, le Centre d’Excellence Dénis Mukwege de l’UEA (CEDM-UEA) a organisé une visite d’assistance auprès des détenus de la prison de Kalehe ce samedi 24 juillet 2021. La visite vient en réponse aux faits observés lors d’une recherche menée par le CEDM-UEA sur les conditions des femmes dans les lieux de détention au Sud-Kivu au mois de février 2021.

Un intérêt de soutien humanitaire et d’urgence a été observé suite à l’étude menée par le CEDM-UEA, de la part de certaines gens et structures de la société civile du Sud-Kivu dont la nouvelle dynamique de la Société Civile et un aumônier de la ville de Bukavu en particulier qui a alerté la population du Sud-Kivu à travers quelques images sur les réseaux sociaux sur l’état critique dans lequel se trouveraient les prisonniers et que bon nombre d’entre eux seraient en train de mourir de faim.

Pendant toute une journée, la délégation de l’UEA a en plus d’apporter des vivres (farine de maïs, haricots, huile, sel), des non vivres (savons) ; elle a menée des séances de counseling de groupe (chaque groupe était constitué de 10 prisonniers et d’un facilitateur ou d’une facilitatrice de l’UEA) ; elle a ensuite conduite une méditation biblique avec les détenus et a effectué une visite guidée de la prison pour s’imprégner des conditions de vie des prisonniers.

De manière globale, les conditions de vie dans la prison de Kalehe laissent à désirer. Le bâtiment de la prison ne répond plus aux conditions viables car ses locaux sont sans électricité ; ses toilettes sont bouchées ; les tôles sont vieilles par conséquent, elles suintent ; l’unique cellule des femmes n’a pas accès à l’eau ; les détenus dorment sur le pavement sans couverture, etc. La prison possède un champ non exploité d’environ 2,5ha et le directeur pense que si ce champ était exploité rationnellement, sa production permettrait d’atténuer tant soit peu la vulnérabilité alimentaire des détenus.

Les prisonniers souffrent d’une maladie génitale infectieuse communément appelé le « Kibuchi », la galle, le gonflement des jambes et d’une dépression psychologique sévère. Les femmes sont isolées sans autorisation de cuisiner et attendent toujours que les hommes finissent de préparer pour leur donner à manger. Ces dernières nous ont signalées qu’elles utilisent un petit bidon coupé où elles font leurs besoins physiologiques et après il leurs sert de bassin pour se laver. Les mineurs vivent avec les adultes et sont soumis aussi à la corvée une fois qu’ils ne parviennent pas à payer les frais de la bougie (le droit d’intégration) qui sont fixé à 150 000 FC et qui sont perçu par le Capita général. Un détenu nous a témoigné :

« Je suis ici depuis plus de 2 mois, ma famille ne connait même pas que je suis emprisonné. En franchissant cette porte, le sous Capita est venu me demander les frais de la bougie de 150 000 Fc. Je n’en avais pas et depuis lors je suis soumis à la corvée. Chaque jour je dois torchonner et enlever les excréments des autres détenus avec mes mains. La nuit, je n’ai pas l’autorisation d’utiliser le petit bidon troué pour faire le petit ou le grand besoin. Vraiment je souffre ici, je ne peux jamais rien dire, je suis paisible à toute punition et chicotte parce que je suis incapable de payer. Quand bien même, les bienfaiteurs peuvent nous donner de l’argent, ils viennent me ravir ma part »

Les statistiques de la prison ont indiqué que la prison regorge 52 prisonniers hommes et 2 femmes. Parmi ces prisonniers, seulement 2 sont condamnés et les autres sont en détention préventive et arbitraire.

A en croire le gardien de la prison de Kalehe, le ministère provincial de la Justice leurs avait rendu visite après l’alerte du mois passé mais depuis lors rien n’a changé et cela inquiète parce que si rien n’est fait la vie des prisonniers est en péril.

Adresses

Quartier Panzi, Commune Ibanda, Bukavu, République Démocratique du Congo
B.P: 465 Cyangugu/Rwanda
3323 Bukavu, Sud-Kivu/RD Congo

:+243 99 4223128
: infos@uea.ac.cd
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