Introduction
Le vendredi 22 août 2025, la Faculté des Sciences Agronomiques et de l’Environnement de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) a servi de cadre à un atelier de formation consacré au monitoring des animaux sauvages, avec un accent particulier sur les éléphants de forêt (Loxodonta cyclotis) du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB). Organisé sous la modération du Professeur Shakanyi Ndjadi Serge, l’atelier a réuni 47 participants, parmi lesquels des chercheurs universitaires, des membres d’ONG, des représentants des communautés riveraines et des étudiants de divers établissements de la ville de Bukavu.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions officielles. Le mot d’ouverture, prononcé par le Professeur Ayagirwe Basengere Rodrigue, Secrétaire Général Académique représentant le comité de gestion de l’UEA, a insisté sur l’importance stratégique du suivi scientifique et de la conservation des éléphants de forêt pour la préservation des écosystèmes et la biodiversité. Un hommage a également été rendu à feu Professeur Kanyunyi Basabose Augustin, figure emblématique de la conservation au PNKB, à travers une minute de silence observée par l’assemblée.
Contenu scientifique et pratique
Écologie et statut de conservation
Les éléphants de forêt se distinguent par leur taille relativement réduite, leurs oreilles arrondies et leurs défenses droites. Ils occupent les forêts denses d’Afrique centrale et occidentale, où ils jouent un rôle clé dans la régénération végétale et la structuration des écosystèmes. Classée en danger critique d’extinction par l’IUCN, cette espèce est menacée par le braconnage, la perte d’habitat et les conflits avec les populations locales.
Méthodes de suivi et monitoring
Les techniques présentées comprenaient :
- L’observation directe, réalisée à partir de postes fixes ou lors de patrouilles.
- Le pistage indirect, basé sur l’analyse d’indices tels que les empreintes, les crottes ou les arbres endommagés.
- L’utilisation de caméras-pièges, permettant l’étude du comportement des individus.
- Le recours à des colliers GPS ou satellites, pour assurer un suivi précis des déplacements.
- Les enregistrements acoustiques, utilisés pour détecter la présence des éléphants dans des zones difficiles d’accès.
Chaque méthode a été examinée en fonction de sa pertinence en milieu forestier dense, de ses avantages et de ses limites, notamment en matière de logistique, de précision et d’adaptabilité aux contraintes environnementales.
Transects linéaires et collecte de données
L’approche pratique adoptée lors de l’atelier consistait en une simulation des méthodes utilisées au Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) pour la collecte de données sur les éléphants. Les participants ont ainsi mis en place des transects linéaires d’au moins 1,5 km, reproduisant le protocole appliqué sur le terrain au PNKB. Ils ont eux-mêmes procédé à la collecte d’indices selon les standards scientifiques en vigueur. L’équipe a été organisée de manière opérationnelle-chef d’équipe, observateur principal, mesureur de distances, secrétaire des données, guide-pisteur et assistants-afin de refléter les conditions réelles du terrain. Les données obtenues lors de cet exercice pratique ont ensuite été intégrées dans des systèmes d’information géographique (ArcGIS, QGIS) et analysées à l’aide du logiciel SMART, permettant aux participants de s’initier au processus complet, de la collecte sur le terrain à l’analyse des résultats, dans un cadre rigoureux et reproductible.
Outils numériques pour la conservation
Les logiciels utilisés (SMART Desk, KoboCollect, Google Earth Pro, GEE) permettent de :
- Compiler et analyser les données collectées sur le terrain.
- Suivre la distribution spatiale et identifier les zones à risque.
- Planifier les patrouilles et produire des cartes et graphiques scientifiques pour les partenaires et bailleurs.
L’efficacité de ces outils dépend de la qualité des données, de la formation des équipes et de la disponibilité continue des équipements et du financement.
Conclusion et recommandations
L’atelier a permis de renforcer les compétences théoriques et pratiques des participants dans le suivi des éléphants de forêt, constituant ainsi une étape essentielle pour le développement des capacités des acteurs engagés dans la conservation de la biodiversité en général et, plus spécifiquement, de cette espèce emblématique en RDC. Les participants se sont familiarisés avec les méthodes de suivi scientifique, notamment à travers des exercices pratiques de simulation basés sur les protocoles appliqués au Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB).
Les principales recommandations issues de cet atelier sont :
- Cartographier précisément la niche écologique des éléphants de forêt, afin de mieux comprendre leurs besoins et d’identifier les zones prioritaires pour leur protection ;
- Élaborer et alimenter une base de données historique sur l’espèce, garantissant un suivi continu et la mise à disposition d’informations fiables pour la recherche et la gestion ;
- Renforcer la formation continue et la sensibilisation des communautés locales, pour favoriser leur implication active dans les efforts de conservation ;
- Procéder à un dénombrement rigoureux des populations, outil indispensable pour orienter les stratégies de conservation et soutenir la prise de décision politique et technique.
Cet atelier a démontré l’importance d’intégrer l’expertise scientifique, des méthodes rigoureuses et des outils technologiques innovants pour améliorer durablement la gestion et la conservation des éléphants de forêt en RDC.



















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